Rond de Fleurs
Sublimer l'éphémère

Comment naissent les bijoux ?

Ça commence généralement par une balade à la campagne autour de chez moi en Bretagne. Je furète dans les talus, sur les bords de chemins, dans les lisières de forêt et bien sûr dans les parcelles agricoles après la moisson.

Je travaille surtout avec des fleurs spontanées de carotte sauvage, myosotis, marguerites, boutons d’or, coquelicots et tout ce que je peux rencontrer au fil des saisons.

Je n’achète aucune fleurs séchées pour fabriquer mes bijoux.

Je cueille, mais pas n’importe comment

Avant de cueillir une plante, je l’identifie et je vérifie qu’il ne s’agit pas d’une espèce protégée. Je prélève toujours de petites quantités.

Ensuite, il faut sécher. Presse à fleurs, cotons glissés dans des livres ou billes de silice : la technique dépend de la fleur. Puis je teste : garde-t-elle sa couleur ? Se travaille-t-elle à plat ou en volume ? Supporte-t-elle bien la résine ?

Certaines coopèrent mieux que d’autres. Le chèvrefeuille, ma fleur préférée, me résiste encore.

Et après, je résine

Je travaille par couches de résine successives. Certaines pièces demandent plusieurs jours avant les dernières finitions : meulage si nécessaire, résine UV, perçage et montage des apprêts.

Je refais certains modèles en petites séries, mais deux bijoux ne seront jamais parfaitement identiques. Une fleur sera plus grande, une autre légèrement tournée, il y aura trois myosotis ici et quatre ailleurs. C’est ce qui fait le charme de travailler avec de vraies fleurs.

Mes bijoux ne sont pas « 100 % naturels »

Il y a une vraie fleur dedans. Mais il y a aussi de la résine époxy.

Je n’ai donc pas envie de coller une grosse étiquette « bijou écologique » sur mes créations simplement parce que je ramasse mes fleurs dans les talus.

Mon métier et mon intérêt pour l’agroécologie ont participé à changer mon regard sur les plantes sauvages. C’est important dans l’histoire des Fleurs Passagères. Mais mes bijoux restent des bijoux fantaisie en résine.

Ce qui m’amuse, c’est plutôt de partir d’une plante très ordinaire, parfois considérée comme indésirable, et d’en faire quelque chose qu’on a envie de porter.